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Définir l’innovation technologique : critères

CONTEXTE

Le comité TIC de mon collège entreprend une réflexion sur l’innovation technologique en classe. Nous nous posons des questions sur des critères qui permettent d’identifier si du matériel ou un logiciel particulier relève de l’innovation technologique. Quand je pense à innovation technologique, on peut penser au terme nouveauté.

Selon ma réflexion, voici des exemples d’innovation technologique :

  • LogicielsOpenSource vs logiciel propriétaire (Google documents vs Word ou Excel)
  • Technologie récente (6 mois à 1 an)
  • Technologie interactive (TBI, iPad)

QUESTION

  • Selon vous, quels sont les critères qui permettent de distinguer qu’il s’agi d’innovation technologique, que ce soit pour le matériel utilisé ou pour un logiciel utilisé? 

ÉTABLISSEMENT/REPTIC

RÉPONSES

APOP
Olivier Larochelle

Je prends une seconde pour me présenter, je suis Olivier Larochelle, le nouveau technicien Web / intégrateur de l’APOP.

Votre question est tombée pile dans mes centres d’intérêts. Je pense que l’innovation en matière de technologies informatiques passe par deux vecteurs principaux : le développement d’applications, de langages et d’appareils qui permettent d’effectuer certaines tâches pour lesquelles aucune autre solution n’existait auparavant, ou qui améliorent la façon dont ces tâches sont accomplies, en les rendant plus simples, plus faciles d’approche « user-friendly » et beaucoup plus rapides.

Je pense aussi que le simple fait de rendre des technologies existantes accessibles à un plus large public constitue en soi une forme d’innovation, puisque, comme on le sait, ce ne sont pas toujours les solutions et les outils les plus performants et les plus utiles qui priment en termes de distribution et d’accessibilité et qu’il y a souvent une composante financière (lucrative) qui entre en jeu.

 

Bois-de-Boulogne
Guy Germain

Je te dirais d’entrée de jeu que cette question est en suspens un peu partout. Je n’ai malheureusement pas de réponse claire à te donner, mais peut-être quelques pistes.

Je pense que dans un collège, si on parle d’innovation technologique en classe on fait appel à du nouveau, quelque chose qui n’a pas encore été fait, peu importe si chez le voisin, c’est une vieille technologie, si dans nos murs c’est nouveau, ça devient de l’innovation.

Puisqu’il faut bien souvent se familiariser avec l’outil (ou les outils), l’adapter et par la suite convaincre les pairs du bien-fondé de la chose, je ne suis pas certain qu’on puisse mettre un nom de chose pour définir l’innovation. Par exemple dans ta réflexion, tu indiques que les technologies récentes (6 mois à 1 an) font partie de l’innovation. Tu indiques aussi que l’interaction (TBI iPad, …) est de l’innovation, et pourtant les TBI sont vieux de quatre à cinq ans si ce n’est pas plus.

Si je me réfère à ce que je connais bien, l’évolution n’est pas un phénomène qui se compare d’un groupe à l’autre, mais bien dans le changement d’une espèce, donc par rapport à soi et sa population locale. Aux États-Unis, on a déjà les classes du 21e siècle, et pourtant ici, cela demeure de l’innovation. L’innovation, c’est l’adaptation du moteur à deux temps pour certains et l’adaptation du moteur électrique sur chaque roue pour d’autres. C’est l’accès au réseau Internet pour certains, et le cloud computing pour d’autres…

Collégial international Sainte-Anne
Rachel Gendron

C’est une excellente question à mon avis. Je m’inspirerai de Marc Prenski pour y répondre. Il qualifie l’intégration des TIC à quatre niveaux :

  • butiner
  • faire des vieilles choses, d’une vieille façon (mettre un cours en ligne)
  • faire des vieilles choses d’une nouvelle façon (mettre un cours en ligne en changeant le contenu afin d’intégrer les TIC)
  • faire de nouvelles choses, d’une nouvelle façon (cours en ligne interactif où l’apprenant est en charge de son apprentissage)

Traduction libre de :

  • Dabbling.
  • Doing old things in old ways.
  • Doing old things in new ways.
  • Doing new things in new ways.

L’innovation se situe au stade 4, ce n’est pas le logiciel ou la technologie qu’on utilise mais ce qu’on en fait et comment cela modifie nos pratiques pédagogiques.

Voici un lien intéressant sur ce sujet : http://www.edutopia.org/adopt-and-adapt

Laflèche
Sonia Marchand

Je comprends bien ta question et la réflexion que votre équipe entreprend.

Cependant, et probablement parce que je suis fortement teintée de ma réalité ici au Collège, je crois que l’innovation, particulièrement en classe, est associée également aux personnes qui en font l’utilisation. J’ai des profs qui souhaitent utiliser le téléphone intelligent en classe alors que d’autres tentent de rendre plus stimulants et interactifs les PowerPoint ou de faire l’expérimentation de Prezi. Il m’arrive moi-même d’avoir le vertige devant les nouveautés technologiques et les possibilités qui sont offertes. Et parfois je me demande s’il ne serait pas plus avantageux d’optimiser le potentiel d’un produit plutôt que d’avoir en mains le dernier produit?

Sans élaborer davantage, je terminerais avec cette question-ci : Les critères utilisés pour définir l’innovation technologique doivent-ils considérer seulement le produit?

Limoilou
Séverine Parent

La question est périlleuse! Je n’ai pas de réponse précise à te fournir, mais, si ce n’est déjà fait, je t’invite à jeter un coup d’œil au Horizon Report 2011 dont les grandes lignes sont définies ici : 

Horizon Report 2011
16 mars 2011 — Séverine Parent

Le Horizon Report 2011 est maintenant disponible. Voici les prévisions :

  • D’ici un an : les livres électroniques
  • D’ici un an : les mobiles
  • 2-3 ans : la réalité augmentée
  • 2-3 ans : les jeux pour l’apprentissage
  • 4-5 ans : l’interface contrôlée par le mouvement
  • 4-5 ans : l’apprentissage analysé

En comparant avec le contenu du précédent rapport, on peut dire que l’utilisation pédagogique, ou du moins scolaire, du mobile deviendra réalité. Les institutions du Québec ne semblent pas avoir pris le virage, mais lorsqu’elles se décideront, plusieurs exemples d’universités états-uniennes pourront les inspirer. Les livres électroniques sont à considérer à court terme; prévus dans le rapport l’an dernier pour dans 2-3 ans, ils sont maintenant à nos portes – 31 livres électroniques sont maintenant disponibles au Cégep Limoilou.

Le temps de déploiement concernant la réalité augmentée reste le même, soit 2-3 ans. L’apprentissage par le jeu fait un retour, boudé depuis 2007, il est maintenant prévu pour dans 2-3 ans. L’analyse visuelle des données a quant à elle été enlevée. Elle fait place à l’apprentissage analysé, qui réfère à l’interprétation de données produites par les élèves et réunies dans leur dossier afin d’évaluer les progrès scolaires, prédire leur rendement et anticiper des problèmes potentiels. Finalement, l’interface contrôlée par le mouvement reste à envisager dans quelques années.

Lionel-Groulx
Ghislaine Laurin

Je trouve vos trois critères très pertinents.

Étant nouvellement REPTIC, je ne suis pas certaine d’être une bonne ressource, mais voici tout de même une petite suggestion : ajouter à votre troisième critère les outils du Web 2.0 et les technologies mobiles (iPhone, par exemple)?

Performa
Claude Martel

Je pense que l’innovation technologique « en classe » ne se mesure pas en termes d’applications nouvelles ou inédites. Elle s’évalue en termes de qualité de la planification d’activités d’apprentissage qui ont des effets positifs sur le rendement scolaire. Elle s’évalue en termes de cohérence entre les résultats obtenus et les compétences à développer. Les enseignants qui explorent les technologies doivent le faire avec l’intention de rendre les étudiants actifs dans leur apprentissage. Certaines technologies expérimentées par un enseignant peuvent échouer si elles ne s’inscrivent pas dans une stratégie cohérente d’apprentissage.

Saint-Félicien
Bernard Gagnon

Bonne question…

Chez nous, il est possible de soumettre des projets (financés par la Direction générale) sous le libellé « Innovation pédagogique et technologique », ce qui signifie des projets dont le résultat permettra de mettre en œuvre des actions ou réalisations (méthodes, applications, démarches, procédures, outils, etc.) qui présentent un caractère inédit et nouveau au sein de notre institution. Notre choix repose donc sur des actions et des réalisations. Pour nous, les nouvelles technologies ne sont pas des innovations en soi (TBI, blogues, Google documents, etc.). L’accent est mis sur l’utilisation (action) novatrice qui en est faite. Par exemple, dans un projet TBI, l’innovation repose sur l’usage pédagogique qui sera réalisée avec cet outil. Si le TBI sert seulement à remplacer un tableau vert et que les méthodes pédagogiques restent les mêmes, il n’y a pas d’innovation pédagogique en ce qui nous concerne. Il doit y avoir « une valeur ajoutée » au niveau des activités d’apprentissage.

C’est notre vision locale.

Sainte-Foy
Jean-Guy Fallu

Cette question a été abordée chez nous sous l’aspect pédagogique : Qu’est-ce qu’une innovation pédagogique? Il n’est pas évident de trancher. Ce qui est une innovation pédagogique dans un programme peut être dépassé et intégré dans un autre si on ne considère pas la distinction avec le progrès.

En posant la question directement sur Google, je trouve un site qui donne une définition intéressante :

Qu’est-ce qu’une innovation?

Ivan Gavriloff. Une innovation remplit trois critères : c’est une chose nouvelle, concrète – à la différence d’une idée – et qui marche. L’amélioration et la rupture ne peuvent s’opposer de manière binaire, tout se fait dans la continuité. Une innovation correspond à un changement de paradigme, alors que le progrès s’inscrit dans un même paradigme.

Source : http://www.journaldunet.com/management/dossiers/040640innovation/gavriloff.shtml

Le changement de paradigme peut être une piste pour définir ce que pourrait être une innovation technopédagogique.

Saint-Laurent
Alain Duquette

L’innovation technologique est liée à la nouveauté et d’une certaine façon, à l’originalité. En ce sens, l’innovation apporte quelque chose de neuf qui n’existait pas avant. L’innovation technologique correspond davantage à la création de quelque chose qui permet une avancée importante par rapport à ce qui existe déjà.

Le mot-clé est « premier » :

  • « Ce logiciel est le premier à faire ça. »
  • « Ce professeur est le premier à utiliser PowerPoint de cette façon dans un cours ».

Le premier logiciel de traitement de texte était très innovateur, les autres qui ont suivi ont davantage contribué à son amélioration continue. Les versions suivantes ont ajouté des caractéristiques innovatrices, mais pas plus. Il y va de même pour le lecteur MP3. Le premier lecteur MP3 mis en marché était très innovateur, mais les autres ont suivi la tendance.

Quelques innovations technologiques :

  • Exemples matériel : récepteur GPS, lecteur CD, lecteur DVD, lecteur MP3, écran plat, TVHD, télévision 3D, etc.
  • Exemples logiciel : premier logiciel de traitement de texte, de dessin, de correction orthographique automatique, de CAD, logiciel de téléconférence sur le WEB, reconnaissance vocal.

Vieux Montréal
Daniel Bourry

J’ai une définition plutôt large de l’innovation technologie en classe. Selon moi, toute nouvelle utilisation d’une technologie en classe, peu importe que cette technologie soit récente ou ancienne, est une innovation technologique. C’est la nouveauté de l’utilisation qui en fait une innovation.

Par la suite, lorsque la technologie est plus largement utilisée ou bien maîtrisée en classe, on ne parle plus d’innovation, mais d’utilisation.

À une échelle plus restreinte, si un enseignant utilise, par exemple, PowerPoint pour la première fois, pour lui, c’est une innovation dans sa pédagogie!

 

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